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UNE FIGURE DU LEADERSHIP DANS LA LOGISTIQUE EN AFRIQUE

 Interview Fanta TANGARA-SYLLA

Rencontre avec une femme exceptionnelle au leadership innovant !

 De Samsung Electronics France en passant par Air Liquide Côte d’Ivoire et Bolloré Transport Logistics, Fanta TANGARA SYLLA est aujourd’hui Directrice Générale Pays chez Agility Business Parks, l’un des leaders dans les solutions d’entreposage à valeur ajoutée en Côte d’Ivoire.

 

Elle nous décrit son parcours, ses valeurs et dévoile son ambition de participer au développement du continent ????

 

1- Qui est Fanta TANGARA SYLLA ?

Je suis Fanta TANGARA SYLLA, d’origine malienne mais j’ai passé toute mon enfance et adolescence au Gabon, au Cameroun, en Gambie...

 

J’avoue qu’après mon bac je ne savais pas vraiment vers quoi m’orienter (ce qui est sûrement le cas pour la plupart de jeune bachelier). Je savais ce que je ne voulais pas mais je ne savais pas ce que je voulais. Étant attirée par le management, je décide donc de m’orienter vers ce cursus me disant qu’au bout de 3 ans de tronc commun

 

«  Je finirai par « trouver ma voie »

En effet, après une licence en Sciences de Gestion à Metz, je décide de m’orienter vers la Gestion de la Production à Montpellier. Ces 2 années de formation m’ont permis d’obtenir un Master 1 et 2 en Management Stratégique de la Production. Ayant été particulièrement attirée par la logistique, je décide d’approfondir mes connaissances en faisant un second Master 2 en Transport & Logistique à la Sorbonne à Paris.

 

Tout ceci pour dire que mon choix n’était pas clair dès le départ. C’est tout au long de mon parcours académique que j’ai pu me rendre compte de la voie que je voulais suivre.

 

A la fin de ma formation en 2008, j’ai été embauchée par Samsung Electronics France. Mais quelque chose me manquait.

 

«  En effet, j’ai toujours voulu participer au développement du continent africain, apporter ma pierre à l’édifice en quelque sorte. »

Dès que je reçois une offre d’emploi d’Air Liquide Côte d’Ivoire, je saute sur l’occasion et me voilà, jeune fille de 24 ans allant à l’aventure en Côte d’Ivoire. J’ai occupé pendant 2 ans le poste d’Acheteur Régional pour les Clusters Afrique de l’Ouest et Centrale et ensuite le poste de Responsable Achats – Approvisionnements – Transit pendant presque 4 ans.

 

Mon rêve ayant toujours été de travailler pour un géant de la logistique comme Bolloré, en 2014, j’obtiens un poste de Sales Manager – Supply Chain à Bolloré Africa Logistics qui deviendra ensuite Bolloré Transport Logistics.

 

Depuis 2019, je suis Country Manager chez Agility Business Parks où je suis en charge du développement de notre parc d’entrepôts.

 

Ces différents postes m’ont ainsi permis d’acquérir une expérience autant dans le domaine de la logistique que dans le domaine du commercial.

2- Qu’est-ce qui vous a motivé à intégrer l’environnement de la logistique, longtemps qualifié de domaine réservé à la gent masculine ?

Dans mes choix de métier, je ne me suis jamais mise en tête que tel ou tel métier est réservé à la gent masculine. Les premières questions que je me posais étaient les suivantes : Est-ce que j’aime ce métier ? Est-ce que je vais m’épanouir ? Est-ce je ne vais pas vite me lasser ?

Il y a 2 raisons qui m’ont poussée à m’orienter vers la logistique :

  • Mon père : j’ai grandi en admiration devant un père pilote qui nous transmettait sa passion pour l’aviation. Je voulais donc m’orienter vers un métier qui était lié au transport aérien.
  • Je n’aime pas la monotonie : je suis tellement passionnée parce que je fais que lorsque la monotonie commence à s’installer, j’ai besoin de nouveauté. En effet, la logistique est un métier où on ne s’ennuie jamais : chaque dossier est unique, particulier et permet d’être toujours confronté à de nouveaux challenges. De plus, il est rare de trouver un métier avec autant de branches (achats, approvisionnements, transit, transport, gestion de stocks, commercial…) et j’ai eu la chance de tous les expérimenter.

«  Par ailleurs, au fur et mesure de mes formations et de mes expériences professionnelles, j’ai eu la confirmation que je ne m’étais pas trompée de métier. »

 

3- Plusieurs études ont révélé la faible présence des femmes dans l’industrie de la logistique, à votre avis quels en seraient les facteurs, au regard de votre expérience ?

Contrairement à ce que certaines personnes peuvent penser, je ne pense pas que cela soit dû à une forme de ségrégation.

 

D’une part, je pense que c’est lié à un facteur naturel : en général, les hommes vont plus vers certains métiers que les femmes et vice versa.

 

D’autre part, à mon avis, nous les femmes, avons souvent tendance à nous mettre des barrières et ne pas se rendre compte des potentialités que nous avons.

 

4- On a longtemps parlé du ‘‘plafond de verre’’ et aujourd’hui l’on utilise l’expression ‘‘barreau cassé’’ pour expliquer le manque de diversité de genre dans les postes à responsabilité…Quels sont les challenges que vous aviez dû relever pour prendre votre place à la table des décideurs ?

Honnêtement, je ne pense pas avoir fait d’effort surnaturel en tant que femme pour faire en sorte qu’un poste me soit octroyé plutôt qu’à un homme. Pour moi, seul le travail paye.

 

Ma force de caractère et ma rigueur dans le travail ont été d’énormes atouts.

 

Que ce soit lors de mes choix de formations académiques ou choix professionnels, je ne me suis jamais mise en tête que c’est un métier réservé à la gent masculine. Je pense que c’est cela qui m’a beaucoup aidée. J’ai effectué plusieurs stages dans des usines (Areva dans le domaine de l’électricité à Montpellier et 3A dans la fabrication de yaourt à Toulouse) où il n’y avait que des hommes mais je ne suis jamais sentie à l’écart et cela ne m’a jamais fait peur. Plus on se met en position de victime, plus on se crée soi-même des barrières.

 

5- Pour conclure, si vous aviez 3 conseils à donner à l’endroit des femmes en Afrique qui rencontrent des difficultés à progresser dans leurs carrières dans le domaine de la supply chain, quels seraient-ils ?

  • Arrêter de se dire que certains postes ne sont accessibles qu’aux hommes et arrêter se créer soi-même des barrières. Une petite confidence "certains de mes supérieurs hiérarchiques ont eu à me faire savoir qu’au fil du temps, ils avaient développé une préférence à travailler avec des femmes pour une raison : leur rigueur dans le travail".
  • Être rigoureuse et persévérante.
  • Au risque de me répéter, seul le travail paye.

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